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Quand la pénétration est impossible : dépasser le vaginisme

Le DSM-IV (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) situe le vaginisme dans la catégorie des « Troubles sexuels avec douleurs (non due à une affection médicale générale) ». Il mentionne un « spasme involontaire, répété ou persistant, de la musculature du tiers externe du vagin perturbant les rapports sexuels ». La perturbation « est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles ». Le DSM-IV souligne que les causes dues à des facteurs psychologiques « jouent un rôle majeur dans l’installation, la sévérité, l’exacerbation ou la persistance de la dysfonction » sans affection médicale ou rôle de substance. Souvent, les facteurs psychologiques et médicaux s’entremêlent et rendent le cas plus complexe : mycoses à répétition, sensation de contracture, brûlures, blocages, vécu traumatique, interdits moraux ou religieux etc.

La réaction que la femme va avoir au moment de la pénétration dépasse sa propre volonté, à l’insu de la conscience, et les conséquences sont autant personnelles que relationnelles.

Habituellement, le partenaire est décrit comme doux et patient. Pourtant, la femme souffrant de vaginisme a fréquemment peur de la douleur. Cette crainte est souvent consécutive à des tentatives précédemment douloureuses (réelles ou fantasmées). Nous remarquons aussi chez ces patientes, la peur d’être blessée, le dégoût du sexe ou du pénis dans le vagin, l’image négative de son propre corps, un manque de confiance en soi, la peur de la perte de contrôle, le peur de l’intimité etc.

Il est important que le couple ne s’isole pas dans cette pathologie. Il existe des solutions, notamment au travers de la thérapie.

Il n’existe pas une interprétation au vaginisme, mais plusieurs. Il s’agit d’une intrication entre l’histoire personnelle et sexuelle de la femme, et l’histoire du couple. La sexualité (tant féminine que masculine) est toujours en construction, évolutive de la naissance à la mort, et donc sensible aux événements de vie et aux expériences.

Nous pouvons donc situer plusieurs origines possibles (cette liste étant, vous l’avez compris, non exhaustive) :

  1. L’origine phobique: Il s’agit de la dimension psychologique la plus fréquemment évoquée. Elle se définie par une peur persistante et intense à caractère irraisonné, où présence et anticipation de la pénétration provoquent une réaction anxieuse immédiate. La femme va donc contracter involontairement les muscles vaginaux et périvaginaux à la seule approche du pénis (ou autre élément pénétrant), ou même à l’idée d’être pénétrée. Le vagin est perçu comme un lieu de passage impossible.
  2. Menace contre l’intimité : Le vaginisme peut se concevoir ici comme une pathologie de la relation : mettre l’autre à distance pour se protéger. Pour d’autres, la menace peut s’inscrire dans une réalité d’une agression sexuelle (viol, inceste, ambiance incestuelle) qui a fait des ravages sur la petite fille en devenir qu’elle était.
  3. L’image inconsciente du corps : La façon dont la femme en devenir va construire de façon consciente et inconsciente sa relation à son propre corps est fondamentale. Le corps est le lieu des premières expériences sensorimotrices et des premières communications, et sa représentation subjective se base sur cette construction.
  4. La culpabilité face à l’interdit : Le poids de l’éducation sexuelle, ou la relation à la sexualité, véhiculée par les parents, influence la sexualité. L’interdit ressenti et souvent porteur de cette transmission de culpabilité et de refus. Il est intéressant ici de percevoir chez la femme toute son ambivalence entre son désir d’un côté, et la réaction bloquante de son corps. Les motions interdictrices se réfèrent au Surmoi ; Surmoi qui laisse ici la place à un « sous-moi » bloqué. Freud disait « Le sentiment inconscient de culpabilité rend le patient amoureux du malheur ».
  5. Une relation fusionnelle à la mère : Ces femmes sont plutôt immatures, comme si elles n’avaient pas grandi à l’intérieur d’elles-mêmes pour accéder à une sexualité possible. La relation fusionnelle à la mère peut empêcher la sexualité de se tourner vers l’autre. Ici, c’est un peu comme si la mère interdisait symboliquement l’accès au vagin de sa fille. Le choix du partenaire doit aussi être abordé en séance lorsque l’on est dans ce contexte.

Comme tout symptôme, nous devons percevoir le rapport étroit entre le corps et l’esprit et prendre en compte le sens de ce symptôme dans sa dimension consciente et inconsciente.

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admin • 25 septembre 2015


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